• American History X

    « Je crois en la mort, la destruction, le chaos et la cupidité. » 

    Titre : American History X 

    Réalisateur : Tony Kaye

    Pays d'origine : Etats-Unis

    Durée : 1h59 

    Année : 1998 (une très bonne année, soit dit en passant)

    Acteurs principaux : Edward Norton [Fight Club ;L'incroyable Hulk ; Peur Primale] ; Edward Furlong [Terminator 2  ;  Animal Factory]

    Notes : (parce que nous, les chiffres c'est pas notre truc, enfin surtout Manon) ♦Allociné = Presse : ♥♥♥♡♡ (2,9) / Spectateurs : ♥♥♥♥♡ (4,5) ♦ Imdb : 8,6/10 ♦ Rotten Tomatoes : 83 %

    Synopsis : Derek, suite à l'assassinat de son père par un dealer noir, embrasse les thèses racistes d'un groupuscule de militants néo-nazis, et se met au service d'un dealer prônant la suprématie de la race blanche, il devient la tête de l'un des gangs dominants de sa ville. Il se retrouve condamné à trois ans de prison suite au double meurtre de deux délinquants noirs qui tentaient de voler sa voiture. Son jeune frère, Danny, influencé par l'idéologie de son aîné  tombe dans la spirale de la haine en l'absence de son modèle.  Cependant, à sa libération, Derek est un homme radicalement transformé qui va tenter d'empêcher son frère d'emprunter la même voie que lui.

    -AUCUN SPOILER NE SERA RÉVÉLÉ ICI, VOUS POUVEZ CONTINUER SANS (TROP DE) CRAINTES-

        Comment vous dire... Nous sommes toutes les deux d'accord, c'est une œuvre que nous adorons, vraiment. Aucun doute là-dessus, nous lui trouvons toutes les deux une immense valeur et en parler était une évidence dans nos jeunes têtes. On vous le conseille sans hésiter, sauf peut-être aux âmes sensibles. Il faut définitivement le voir, compris ?

    Pour chaque film, nous construisons toutes les deux une critique, une analyse, mais on vous prévient pour celle-ci, on est désolées mais elle risque d'être peut-être un peu redondante puisque nous sommes toutes les deux fans, mais normalement le contenu sera aussi détaillé et varié que possible. Let's get started !

     

    ♦ Manon ♦

    Edward Norton. Voilà un acteur bien trop peu mis en avant (le message codé c'est "JETEZ-VOUS SUR SA FILMOGRAPHIE !", au cas-où vous n'auriez pas compris). À mon sens pourtant, son talent est invraisemblable. Jamais avant lui je n'avais eu autant d'admiration pour un jeu, et c'est grâce à sa performance que ma vision des films a changée.

       Il est incroyable, bouleversant. Les sentiments qu'il inspire envers le héros, véritable monstre puis grand frère sincère et repenti, sont très complexes. Personnellement je l'aime. Il me terrifie dans sa période de grand méchant (et ne voyez aucune ironie ici, c'est vraiment un malade) puis il m'émeut profondément, dans sa quête sincère de rédemption d'un homme changé voulant sauver celui qu'il aime le plus au monde.À présent, le film. Il est dérangeant. Perturbant. Vraiment. Il n'est pas excessivement violent pourtant (sur le plan purement physique), certaines scènes sont très (très, très) choquantes mais elles n'envahissent pas le film. C'est une torture pernicieuse, psychologique qui nous vole notre air et qui nous étouffe dans cet univers toxique. Certains plans, qui peuvent paraitre anodins au premier abord, sont, de plus, extrêmement percutants. Un fixe notamment (héhé, j'ai bien choisi ma photo les enfants), simplement Derek avec un sourire affreusement malsain et une croix gammée abominable sur le pectoraux, suffit à poser toute l'ambiance. Avec du recul, on réalise beaucoup mieux la puissance de ce qui nous est montré, la réalité qui apparait semble bien loin de la notre, et pourtant elle est ce qu'elle est : une réalité. L'insécurité permanente, l'ambiance de tension dangereuse nous donne l'impression, à juste titre, qu'à la moindre étincelle tout peut s'enflammer dans un climax sanglant. Et la fin n'en est que la confirmation irrévocable.

        C'est à un rythme effréné que nous suivons l'intrigue, et avec un besoin viscéral que nous voulons voir les deux frères s'en sortir.le spectateur est tenu en haleine à chaque instant et il est tout simplement impossible de décrocher une seule seconde. Leur relation est magnifique, parce qu'en effet, malgré tout, ils sont aussi unis que deux êtres puissent l'être, et le besoin mutuel qu'ils ont l'un de l'autre transparait parfaitement. Le rôle de Danny est également superbe et parfaitement interprété, le petit caïd qui veut devenir grand, qui n'est pas spécialement à sa place mais qui agit comme si c'était le cas. Très touchant dans la représentation du mec paumé, il incarne tout autant le film que son aîné. 

        Ensuite, il est, esthétiquement parlant, très intéressant. L’alternance entre le noir/blanc et la couleur lui donne une véritable unité. Les flashbacks sont sombres, à l'image des souvenirs qu'ils illustrent, le présent est en couleurs, mais elles sont chaudes et étouffantes, non synonymes d'espoir mais bien de malheur. Choisir une bande son discrète est audacieux, mais elle reflète la colère ambiante, et n'empiète pas sur ce qui se dit, permettant ainsi de se concentrer sur l'impact des dialogues. Les mots sont prononcés par des personnages effacés derrière des idées qui les dominent, une haine qui les ronge tellement mesquinement qu'ils ne voient plus qu'à travers elle. Enfin, ce n'est pas parce que ce film montre différentes formes de violences : idéologiques, physiques, mentales, qu'il est une dénonciation des nazis par exemple, ce serait bien trop réducteur. Ce sont les dégâts engendrés par la haine qui sont au centre du film, et la difficulté de la vaincre, car elle est omniprésente, dans les quartiers, les prisons, les gangs.

       Pour moi, American History X est poignant. C'est un tour de maître juste et qui m'atteint droit au cœur. Une fois vu il vous change, il laisse une trace indélébile, se haïr n'engendre que la folie et on le comprend à merveille ici. C'est un chef-d’œuvre d'une profondeur précieuse, je vous le recommande VIVEMENT.

     

    « Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser ce qui nous lie. »

     

    ♦ Prongs ♦

      American History X est sûrement un des premiers films qui m'a vraiment « dérangée », j'entends par là que j'ai repassé en boucle certains passages dans ma tête jusqu'à avoir un avis dessus. C'est un des premiers films qui m'a fait réellement réfléchir pendant des heures et des heures, si bien que je n'arrive toujours pas à émettre un avis clair et concis dessus.

    ♦ 

      Au sujet de la réalisation, c'est définitivement pas le sujet que je maîtrise le mieux, celui sur lequel j'ai le plus de connaissances, ni ce sur quoi je porte le plus d'attention. Donc, si j'en viens à parler de réalisation, c'est réellement qu'elle m'a marqué, que certaines scènes sont gravées dans ma mémoire non pas seulement pour ce qui s'y passe, mais réellement pour l'image. American History X est le parfait exemple. Il y en a réellement quatre qui me viennent en tête dès que l'on évoque ce film. Comme Manon, le plan fixe sur Derek qui avance dans la rue avec la croix gammée bien en vue. La scène juste avant du meurtre des deux voleurs, celle où on voit Danny lâcher sa fumée de cigarette sur un lycéen noir, et la scène finale évidemment. Ce sont toutes des scènes marquées par une extrême violence, et une haine profonde, donc assez logiquement elles restent en tête, mais la réalisation est faite pour marquer d'avantage cette haine et c'est très bien fait. 

      Autre point fort du film, les personnages. Autant Derek , raciste repenti, que Danny, un garçon perdu qui veut suivre les traces de son frère. Je trouve le personnage de Derek très bien construit, les flashbacks ne sont pas là juste en décoration, ils servent à la construction du personnage, ils permettent d'avoir une vue dégagée sur qui il était et qui il est maintenant. Même physiquement, on peut voir le décalage entre le crâne rasé qui donne un côté très dur et les cheveux un peu plus longs, qui adoucissent son visage. Tout est extrêmement bien travaillé pour soulever les questions de haine, de seconde chance, du modèle du grand frère, et tout ça est magnifiquement porté par le duo d'acteurs.

     

    « La haine est une saloperie. La vie est trop courte pour passer son temps à avoir la haine, ça n'en vaut pas la peine ... »

     

    Pin It

    Tags Tags :
  • Commentaires

    1
    Martinedu92
    Vendredi 1er Décembre 2017 à 11:16
    Bonjour nouvelle sur votre site je trouve vos articles vraiment intéressants en espérant en avoir plus souvent bonne journée
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :