• Prongs, qu'est ce que t'écoutes ? #7

    Ciao Adios ~ Anne-Marie 

    Découverte grâce à la génialissime Lola Dubini, qui en parle dans cette vidéo. Anne-Marie est une jeune chanteuse de 26 ans, dont vous avez très probablement entendu la voix à la radio, sans savoir qui elle était. Preuve étant que je connais Anne-Marie depuis un peu plus d’un mois maintenant, et c’est en écrivant cet article que j’ai appris que la voix de femme sur « Rockabye » de Sean Paul et Clean Bandit, était la sienne (alors que Lola le dit dans sa vidéo, oui oui). Donc, Anne-Marie sort son premier EP en 2015, et depuis a sorti plusieurs singles, le dernier en date étant « Ciao Adios », et c’est de celui-ci dont on va parler aujourd’hui.

    Ne vous fiez pas aux premiers « yeah, yeah » qui sonnent très Miley Cyrus des années 2000, et qui peuvent assez vite refroidir, de peur de tomber dans du vieux R&B des familles, mais ce n'est pas le cas. On n’est clairement pas sur le thème le plus original, à savoir une femme qui passe à autre chose après que son copain l’ait trompé et soit parti avec une autre. Les paroles sont très répétitives, ce qui peut être agaçant, mais ce qui personnellement ne m’a pas dérangé, parce que c’est plus une musique qu’on écoute pour le rythme, pour danser, et donc la répétition des paroles vient appuyer le rythme. 

    Quelque chose d’assez marquant dans sa manière de chanter, c’est sa prononciation, tellement nette qu’au début, je pensais qu’elle était française, mais chantait en anglais. Parce que, quand on parle notre langue maternelle, on a tendance à mâcher un peu des mots, à faire des liaisons ou à raccourcir des mots, ce qu’elle ne fait absolument pas. Ce qui évite le yaourt quand on veut chanter par-dessus, et ça, on apprécie.Une dernière chose, la voix d’Anne-Marie, qui est assez splendide quand même. Je trouve qu’elle n’est pas forcément mise en valeur dans la version originale, parce que comme je l’ai dit, le rythme l’emporte sur le reste, donc je vous encourage à voir la version acoustique, et même un live de rockabye, pour vous rendre compte du talent de la jeune femme. 

    ++ elle fait les premières parties d'Ed Sheeran, et ils ont fait un duo magnifique sur Ciao Adios

     

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    Desfado ~ Ana Moura

       À l’approche de mon partiel de Portugais, je me suis dit qu’écouter des chansons portugaises, c’était équivalent à des révisions (l’efficacité de cette méthode reste encore à prouver), et donc je suis retombée dans mes musiques portugaises. Il faut savoir que mes connaissances en musique portugaises ne sont pas non plus très étendu parce que la majorité vient des fêtes de village, donc généralement des musiques essentiellement pour la danse. Et l’autre partie est constituée de fado. Le fado, c’est un genre musical typiquement portugais (je ferai peut-être un article dessus, parce que pour moi, c’est un symbole portugais vraiment intéressant). C’est un style assez particulier, parce que la grande majorité des fados, sont tout sauf joyeux. Autant dans les paroles que dans la mélodie, je vois très bien en quoi le fado peut refroidir, et sincèrement si je n'avais pas grandi en écoutant des fados, je ne pense pas que j’aurai un jour apprécié ce style. Et même en ayant grandi avec, je peux compter sur les doigts d’une main les fados que j’aime réellement et que je peux écouter seule dans la vie quotidienne. 

    Donc aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un fado, puisque comme il est dit dans la chanson « E o meu fado é nem ter fado nenhum », littéralement « et mon fado est de n’avoir aucun fado ». Mais pour moi, elle peut, être un premier pas vers le fado. On retrouve un des thèmes principaux du genre, à savoir la nostalgie, mais toute la chanson est construite sur la contradiction. Je vous cite un passage, vous allez mieux comprendre, « Ah, quelle malchance, cette chance qui m'assiste. Ah, mais quelle chance j'ai de vivre si malchanceuse. » Comme souvent, quand on traduit des paroles littéralement ça rend beaucoup moins bien, donc ne vous arrêtez pas sur ça, c’était juste pour vous expliquer. Cette contre balance, ajoutée à une mélodie beaucoup plus dansante, à une voix beaucoup enjouée, on s’éloigne totalement du fado de base. Je pense que c’était totalement voulu de par les trois éléments principaux (voix, paroles et mélodie) offrir une contrebalance au fado, tout en restant dans le même esprit. Et j’adore le résultat, je pense que comme première écoute d’une musique portugaise, c’est parfait. 

     

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    Thank God ~ Rilès

      Pour continuer dans la lancée des artistes découverts grâce à des youtubeurs, dans sa dernière vidéo Seb La Frite présentait Rilès. Du coup, je ne vais pas trop développer sa « biographie », parce que Seb le fait très bien. 

    ♦ 

     Je veux surtout parler de la chanson « Thank God » qui est définitivement ma préférée de toutes celles que j’ai pu écouter (parce que oui, il en a sorti beaucoup, je ne les ai pas encore toutes écoutées). Pourquoi celle-ci ? Il a un flow de malade, c’est indiscutable, il a de super instru très entêtantes, tu ne peux pas rester stoïque en l’écoutant. Mais ça, c’est le cas pour tous ses sons. Ce qui différencie celle-ci des autres pour moi, c’est vraiment les parties chantées. Il chante sur la plupart des refrains de ses musiques, mais sur celle-ci, elle me semble un peu plus posée, avec un peu moins d’artifices autour (attention, artifice n’a pas une connotation négative). C’est un sentiment que j’ai et qui est peut-être totalement faux, faussé par le texte qui vraiment est très fort et ne se laisse pas manger par l’instru. C’est peut-être ça qui différencie « thank god » des autres musiques selon moi, ici, j’aurai plus tendance à dire que les paroles et la voix prennent le dessus sur l’instru alors que dans les autres, elles s’équilibrent. Mais vraiment le dernier passage du dernier couplet (à partir de « yeah, I know I know » pour être plus clair) est juste sublime, il n'y a pas d’autres mots. Vraiment si vous devez en écouter une (ce qui est une erreur en soit, mais passons), écoutez celle-ci. 

     

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    La Llorona ~ YMCA ~ Lose Yourself

      The Voice, TF1, on en pense ce qu’on en veut, mais ça nous offre quand même un certain panel (qui s’élargit d’année en année) de reprise, qui peuvent être ma foi assez sympathique. Je vous présente donc trois de mes reprises préférées de cette saison. Je vais juste les présenter rapidement, parce que je n'ai pas spécialement de commentaire dessus, juste je les adore. 

       D’abord, la reprise de la llorona, par Marianne Aya Omac. C’est un chant populaire mexicain, dont l’auteur est inconnu, qui fait référence à la légende de La Llorana (= la pleureuse) qui raconte qu’au milieu du XVI° siècle, les habitants de la ville de Tenochtitlan (l’ancienne capitale de l’empire aztèque) se réveillaient, la nuit, au son des pleurs d’une jeune femme déambulant dans les rues. Je trouve la prestation de Marianne juste fabuleuse. Pour reprendre ce bon vieux Florent Pagny « Ça chante bien », ce n'est pas peu dire. Je ne sais pas ce qui m’impressionne le plus entre la maîtrise de sa voix et la maîtrise de son instrument, ce qui est sûr, c’est que je suis impressionnée par elle.

       Ensuite, la reprise de YMCA, par Nathalia. Son but (en plus d’être prise dans the voice accessoirement) était de montrer qu’on ne fait pas forcément attention aux paroles dans les musiques dansantes, alors que parfois (pas toujours), ça vaut vraiment le coup. Et pour ma part, pari réussi. Je n’écouterai plus jamais YMCA de la même manière. Mais en plus, des paroles qui se révèlent plus que bien, je trouve que sa voix, son interprétation donne toute sa puissance au texte. Dans l’original, l’aspect dansant fait passer à la trappe les paroles, alors qu’elle, elle donne de la puissance à chaque mot, chaque syllabe, c’est captivant, elle est captivante.

       And last but not least, Lose Yourself, par Vincent. Même si vous ne suivez pas l’émission, vous en avait probablement entendu parler parce qu’elle a tourné un peu partout sur les réseaux. Bon, je pense que le choix de la musique joue beaucoup dans le buzz, avec une reprise des petits bonhommes en mousse de Patoche, ça aurait déjà moins tourné, vous voyez. Mais c’est aussi ça la force d’un chanteur, savoir quelle musique choisir pour se mettre à son avantage, comme l’a fait Nathalia avec YMCA et Marianne avec La Llorana. Je ne vais pas m’étendre sur sa prestation, parce qu'y a déjà eu pas mal d’articles dessus. En quelques mots, je trouve toujours ça impressionnant quand la personnalité de l’interprète arrive à ce point à métamorphoser une chanson. Puisque clairement l’interprétation est aussi folle que Vincent (dans le bon sens du terme), et comme beaucoup, c’est celui qui a le plus piqué ma curiosité durant les auditions à l’aveugle donc j’ai hâte de voir la suite. 


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