• Une série = un personnage | Strong women

          Nous en sommes à la quatrième édition de cette catégorie d’articles, et après cet article, il en restera encore 4 ! Je n’avais pas réalisé en commençant cette catégorie que ça allait être aussi long. Mais j’aime toujours le concept de rétrospective sur mes séries au travers d’un personnage, alors même si c’est long, accrochez vous avez moi. Surtout, que l’article du jour vaut le coup, puisque je vais mettre à l’honneur des femmes fortes, complexes, et bien travaillés. J'ai pris conscience en écrivant l'article que sur neuf femmes, il n'y en avait qu'une non-blanche ce qui me dérange énormément mais le problème est que 7 de ces séries se basent sur un cadre historique et que hormis Pose du coup, elles ont très peu voir pas du tout de personnage noirs, donc ma sélection reflète ça mais je voulais le mentionner parce qu'on a besoin de plus de représentations de femmes noires ou non blanches dans les séries. 

     

    Une série = un personnage | Strong womenThe astraunaut wives club (2015) | Rene Carpenter

          La raison pour laquelle j’aime autant cette série, c’est le panel de femmes fortes et intéressantes qu’elle nous offre. The Astraunaut Wives Club raconte l’histoire des femmes des tous premiers astronautes du programme Mercury, qui ont accepté une série de reportages pour le magazine « Life » dans le cadre d’une propagande, pour présenter la famille parfaite américaine. On a donc sept femmes, toutes plus intéressantes les unes que les autres, dont ma préférée est René. Au premier abord, René, c’est la superficielle du groupe, celle qui ne respecte pas le dress code de la Nasa parce « qu’ils ne sont pas Christian Dior ». En réalité, René est bien plus que ça (même si cette scène me fait beaucoup rire). René c’est une femme fondamentale optimiste, elle croit en un monde meilleur et surtout elle est prête à s’investir pour rendre ce monde meilleur. Elle s’investit dans plusieurs campagnes politiques et est réellement affectée par les défaites/morts des candidats. De ce que l’on en voit dans la série, elle a une relation saine et heureuse avec son mari, mais elle ne s’abandonne pas pour lui ou ses enfants. Au contraire, elle sait se faire passer en premier et suivre son propre chemin. Et quand elle commence une carrière journaliste, elle fait bien comprendre à tout le monde qu'elle n'est pas là pour être un joli visage, mais bien pour parler, et parler des femmes en l'occurrence. Une des scènes que je retiendrai toujours de la série est celle de son live télé, où au dernier moment, on lui demande de parler de pâtisserie, et où elle arrive à détourner ça pour parler de ce dont elle voulait parler, la contraception. Rene est une femme fantastique, interprétée qui plus est par une femme fantastique, Yvonne Strahovski.

     

    Pose (2018-) | BlancaUne série = un personnage | Strong women

          Si vous ne pouviez regarder que deux séries de cet article, je vous dirai de regarder The Astraunaut Wives Club et Pose, avec une priorité pour pose. Pose en plus d'être une série à l'esthétisme magnifique, c'est une série super important en terme de représentations. En effet, elle se concentre sur la "sous" culture LGBT+ des années 80, l'époque de l'essor des bals. On a donc non seulement des personnages queer (série avec le plus grand nombre de personnages trans interprétés par des actrices trans) mais aussi des personnages racisés, puisque toute l'idée de "realness" des bals repose sur l'idée de "passer pour des personnes cis/hétéros blanches". Dans cet univers gravite pleins de femmes très intéressantes, qui soulèvent pleins de questions différentes. J'ai choisi Blanca tout simplement parce que c'est une personne en or. Elle décide de lancer sa propre maison et recueille plusieurs personnages en difficulté. Elle remplit parfaitement son rôle de mère en leur donnant un cadre, de l'affection, un foyer pour s'épanouir et où ils sont entièrement acceptés. Elle lutte, travaille, dure pour sa maison, est capable de pardonner, bref Blanca ce n'est pas la mère parfaite parce qu'elle n'hésite pas, mais c'est une bonne mère qui essaie d'être la meilleure femme et mère possible. Toutes ses relations sont super intéressantes et bien travaillés, que ça soit avec ses enfants, son meilleur ami Prey Tell, ou son ancienne mère Elektra (j'aimerais voir encore plus de scènes d'elles + des flash-back de leur relation.). Pour finir sur une phrase niaise, Blanca c'est l'âme de la série. 

     

    Une série = un personnage | Strong womenThe Deuce (2017-) | Eileen "Candy" Merrell

           The Deuce, c'est une série qui se concentre sur l'essor de l'industrie pornographique aux Etats Unis dans les années 1970, et sur la prostitution à l'époque qui a grandement joué dans cet essor. On suit donc les aventures de plusieurs prostituées et de leurs macs, et j'aurai pu choisir n'importe quel personnage féminin de la série, parce qu'elles sont toutes extrêmement bien travaillées et interprétées. Au milieu de tous ses personnages féminins, il y a Eileen qui mérite tellement sa place centrale dans la série. Sans trop vous en dire, Eileen s'est prostituée pendant des années sous le nom de "Candy" et a toujours refusé d'avoir un mac, pour ne pas diviser son argent et pour ne surtout pas avoir à suivre les ordres d'un homme. Après trop d'humiliations et de violences, elle décide de se lancer dans l'industrie pornographie, mais pas pour être devant la caméra, mais bien derrière. Dès les premiers épisodes, on s'attache très vite à Eileen parce qu'on voit et qu'on ne peut qu'admirer sa détermination. Eileen, c'est la définition même de "si on te claque la porte au nez passe pas la fenêtre". En plus de son courage, elle a un coup d'avance sur son temps, et va réellement chambouler le monde de la pornographie. Et en plus de cela, elle ne rejette pas le milieu dans lequel elle est. C'est important parce qu'Eileen, elle a réussi à s'en sortir, mais s'en sortir ça ne veut pas dire quitter ce milieu. Y a pas de blâme des prostituées ou de la pornographie, y a un blâme du traitement des prostituées par les macs, la société, les clients et les hommes. Eileen, elle réussit en tant que productrice de porno, et elle n'en a pas honte, sa réussite, c'est son indépendance. 

     

    The handmaild's tale (2017-) | EmilyUne série = un personnage | Strong women

          The handmaid’s tale présente pour moi quatre figures de femmes fortes, avec Jude, Emily, Moira et Janine. Elles auraient toutes leurs places dans cet article, parce qu’en femme forte, on fait rarement mieux. J’ai beaucoup hésité entre Janine et Emily, parce que je trouve que Jeanine apporte vraiment toute cette dimension d’innocence brisée, de martyr et littéralement toutes ses scènes dans la seconde saison m’ont fait pleurer. Mais j’ai choisi Emily, parce que pour moi, c’est la figure de la lutte contre l’organisation. Elle s’est engagée elle-même dans la lutte, parce qu’il était impossible pour elle de rester passive face à ce qui se passait. On l’a mutilé physiquement et moralement, on lui a tout pris, et elle trouve encore la force de lutter. Ses flash-back sont parmi les meilleurs parce qu’on voit qu’elle a déjà lutté pour les droits LGBT, pour épouser sa femme et adopter, et on peut voir la fatigue et la peur de devoir revivre toutes les discriminations et toute la lutte. Et malgré cette fatigue, cet épuisement qu’on ressent au travers de son physique, elle continue à se battre. Même à bout de forces dans les colonies, elle continue à agir en fonction de ce en quoi, elle croit (la scène avec l’Epouse est fantastique, son discours est fantastique.) 

     

    Une série = un personnage | Strong womenHarlos (2017-) | Margaret Wells

           Harlots, c'est une série qui suit l'histoire de deux maisons closes rivales en 1763, dont une tenue par Margaret Wells. Elle n'est pas vraiment populaire parmi les fans de la série, et pour cause, elle a entraîné ses filles dans la prostitution, a fait des enchères sur leurs virginités et bien qu'elle a fait en sorte qu'elles aient un gardien noble (entendre par là un seul client qui les entretiennent) plutôt que des centaines de clients, elle n'est pas très réceptive aux malheurs de ses filles. Le titre de mère de l'année n'est donc définitivement pas pour elle. Mais malgré cela, dire que c'est une mauvaise mère est pour moi une lecture un peu trop facile. Margaret, elle a été abandonnée par sa mère et est devenue prostituée très tôt, quel avenir pouvait, elle offrir à ses filles ? Elle a choisi de garder ses filles, ce qui n'est pas forcément courant dans les maisons close à l'époque et elle les aime sincèrement. Elle ferait tout pour elles et dans sa tête le seul moyen de survivre dans ce monde, c'est en possédant de l'argent, et le meilleur moyen pour cela en étant prostituée, c'est d'avoir un gardien noble. Est-ce que ça suffit pour légitimer tous ses actes, non-bien sûr que non. Mais Margaret ce n'est pas qu'une vulgaire marâtre qui aurait vendu ses filles pour se faire un maximum. C'est un personnage complexe, qui peut être très attachant, très attentionné notamment envers ses filles, et en même temps intraitable, parfois méchant. Elle a les relations les plus intéressantes à mes yeux, puisque chacune est travaillée pour révéler une partie de sa personnalité. Avec la marâtre de la maison rivale, pour qui elle a travaillé, on comprend pourquoi elle est aussi dure. Avec sa meilleure amie avec qui elle a commencé à se prostituer, on voit l'idéal qu'elle avait en tête quand elle a ouvert sa propre maison, avec son compagnon, on voit sa partie plus tendre et avec ses filles, on voit toutes les erreurs qu'elle a pu commettre et en même temps son amour sans limite. Margaret Wells, ce n'est définitivement pas un modèle de bonté, mais c'est un modèle de femme forte, qui lutte pour s'en sortir et qui malgré ses erreurs, se soucie sincèrement des gens qui l'entourent.

     

    Downton Abbey (2010-2015) | Sybil CrawleyUne série = un personnage | Strong women

           Downton Abbey, c'est l'histoire d'une famille noble et aisée et de leurs domestiques au début du XX° siècle. La série regorge de personnages intéressants et complexe, mais je pense ne pas trop m'avancer quand je dis que Sybil (au côté de Violet Crawley, joué par l'incroyable Maggie Smith) est le personnage préféré de la majorité des fans. Ou en tout cas, elle fait l'unanimité. Là où ses sœurs divisent, parce qu'il faut l'avouer même si je les aime beaucoup elle sont agaçantes, Sybil met tout le monde d'accord. Tout simplement parce que dès l'épisode un, on est plongé dans cet environnement très conservateur, où chacun à sa place, et Sybil dès le début casse cette image-là. Et c'est d'autant plus rafraîchissant parce qu'elle fait partie d'une famille noble. Les personnages de la famille ont des mésaventures oui, mais ils sont quand même extrêmement privilégie et voir une des membres remettre en cause ses privilèges et essayer de faire évoluer les choses, même avec des petites actions, c'est agréable. L'actrice, Jessica Brown Findlay est fantastique (vous pouvez aussi la retrouver dans Harlots, où elle joue la fille ainée de Margaret Wells!) Seul point négatif, je n'ai vraiment pas aimé la fin du personnage.

     

    Une série = un personnage | Strong womenWestworld (2016-) | Dolores Abernathy

           Si j'ai fait un choix plutôt conventionnel en choisissant Sybil, ce n'est pas du tout le cas en choisissant Dolorès. Si vous ne connaissez pas Westworld (où étiez-vous ces dernières années?) c'est l'histoire d'un parc d'attractions où les visiteurs peuvent revivre la conquête de l'ouest grâce à des androids à l'apparence humaine. Mais ces derniers commencent à avoir des comportements un peu imprévisibles. Des commentaires que je peux voir sur la série, on n'est pas nombreux à aimer Dolorès, et sincèrement, je ne comprends pas. Je comprends qu'on peut la trouver agaçante, qu'on puisse trouver ses choix et actions détestables. Mais en même temps Dolores c'est un android qu'on a torturé, violé, utilisé encore et encore. Je trouve que c'est suffisant pour justifier son désir de vengeance et le fait qu'elle ne pense qu'à ça. On l'oppose souvent à Maeve, que j'adore, et cette opposition est d'ailleurs super intéressante e parce qu'elle représente deux idéologies totalement différentes sur le monde, sur la liberté et sur la recherche d'un sens à donner à sa vie. Mais très sincèrement quand j'y pense, je pense que je réagirai plus comme Dolorès et j'apprécie beaucoup plus les moments de la saison 2 où on la voie. Dolorès, c'est un personnage fort qui en a assez d'être une poupée et qui veut renverser la balance. C'est pour moi le personnage le plus intéressant de la série et j'ai hâte de voir ce qu'elle nous réserve pour la saison 3. 

     

    Versailles (2015-2018) | PalatineUne série = un personnage | Strong women

          Je ne suis pas sûre que Palatine soit mon personnage préféré de la série, mais j'avais envie de la mettre en avant parce qu'elle apporte beaucoup à la série. Déjà rien que dans l'atmosphère elle apporte un vent d'air frais, loin des conventions guindées et très superficielle, Palatine est franche, vraie et surtout sympathique. C'est probablement la seule personne que vous ne trouveriez pas détestable dans la vraie vie. Ensuite, elle détonne des autres personnages féminins. Bien que j'en aime plusieurs, il faut admettre qu'elles sont toutes représentés soit comme des objets des potentielles maîtresses, soit comme des manipulatrices, ou les deux (exception faite de Claudine, un superbe personnage également). Palatine détonne parce qu'elle n'a pas évolué à la cour de Versailles, elle n'a donc pas tout cet aspect manipulateur, et quand elle s'y essaie c'est peu fructueux parce qu'elle n'est juste pas faite pour ça, elle est beaucoup trop entière. C'est ce côté de sa personnalité qui lui permet d'avoir une vraie relation avec le roi, puisqu'elle ne lui ment pas (j'allais dire que le fait qu'elle soit sa belle sœur empêche une relation sexuelle entre les deux, mais j'oubliais que ces détails n'arrêtaient pas Louis). J'aurai aimé voir encore plus Palatine, surtout dans la dernière saison avec la relation qu'elle avec ses enfants et surtout avec monsieur, j'aurai aimé encore plus de moment de complicité parce que leur trio avec le chevalier marche vraiment bien.

     

    Une série = un personnage | Strong womenVictoria (2016-) | Victoria

          J'ai quelques réticences vis-à-vis de ce personnage, mais c'est parce qu'historiquement parlant il y a plein de choses à redire. C'est le cas pour Versailles aussi, évidemment, mais je trouve que Versailles touche moins à l'essence de ses personnages. Louis peut avoir des aspects sympathiques, mais la série insiste bien sur sa cruauté et son autoritarisme. Victoria en revanche présente selon moi un portrait un peu trop embelli de la reine Victoria, symbole de pureté et d'innocence. Mais si on met ces considérations historiques de côté et qu'on se concentre sur la série, Victoria est un personnage très intéressant. On suit son évolution en tant que reine, mais aussi en tant que femme. La série se focalise beaucoup sur sa relation avec Albert (couple goal un peu d'ailleurs.) et ça aurait pu avoir un effet négatif sur le personnage. En effet, le fait qu'elle soit reine à créer quelques conflits avec Albert parce qu'est bien avoir une femme qui a un plus grand rôle que vous, de plus grandes responsabilités, c'est compliqué aujourd'hui, alors à l'époque ça l'était encore plus. Et les scénaristes auraient pu traiter ça de manière catastrophique, en la faisant se sacrifier pour la paix de son couple. Mais non, elle est la femme d'Albert, mais aussi la reine du Royaume-Uni, et elle n'abandonnera pas ses responsabilités. C'est cette pluralité de fonctions et de rôles qui rend le personnage intéressant. De plus, Jenna Coleman est fantastique dans le rôle. 

     

     

    Et vous, quelles sont les femmes fortes de série qui vous ont marqué et qui auraient leurs places dans cet article?

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